#1-Taaroa, destin aléatoire

Présentation d’une oeuvre en construction

Ce travail est assez ancien, repris en plusieurs étapes. Il est représentatif de mon processus créatif depuis quelques temps. Un processus assez lent en fait, puisqu’ayant d’autres activités par ailleurs, il peut se passer des mois, voire même des années, avant que je reprenne un dessin ou une peinture laissée en suspens.  Pendant un moment, cela a développé chez moi une certaine frustration… mais au final je me rends compte aujourd’hui que cela fait complétement de mon processus en fragmentation, par couches successives. 

J’avais commencé par l’œil du Tikipensant à l’époque en faire une combinaison de plusieurs symboles lié aux ancêtres. Il me semble que je revenais des Marquises. Je me rappelle aussi que c’était l’une des premières fois que j’utilisais de l’acrylique sur papiers. J’ai laissé cette première étape en suspens, et lorsque je l’ai retrouvé dans mon carton à dessin, j’ai eu envie de repartir sur une piste différente, et d’y ajouter du texte, issu du livre de Teuira Henry. Il comprend donc des extraits liés à Ta’aroa. Je précise qu’à l’époque je ne travaillais pas encore au Musée, car j’aurais probablement choisi un autre texte aujourd’hui. J’ai toujours aimé le chant lié à Ta’aroa, appris lorsque j’étais petite, je pense que c’est ce qui a orienté mon choix.  

On reste cependant globalement dans une symbolique liée à la genèse du monde polynésien, et à la dimension sacrée, ce qui était en rapport avec mon idée de base pour ce travail… Mais, le cheminement personnel effectué depuis, après deux ans sans peintures, va probablement m’amener à changer à nouveau ce dessin. 

C’est d’ailleurs pour cela que je le partage, car son intégrité risque d’être atteinte prochainement. Il sera très probablement découpé et réassemblé dans les jours qui viennent. Avec un succès plus ou moins incertain quant à sa reconversion. 

Le bonheur est fait de bribes éparses, ce n’est pas un flux continu, mais une répartition aléatoire de moments heureux. À nous de les vivre avec abandon en sachant que ce sont des instants de grâce.

Avec le temps, l’incertitude est le deuxième facteur essentiel dans mon processus. Quand je fragmente des papiers pour les recomposer je ne sais jamais vraiment ce que cela donnera par la suite. Il y a dans cette composition un nécessité de lâcher prise, d’acceptation de l’aléatoire qui fait bel et bien parti du processus… et qui au final est assez apaisante.

Affaire à suivre donc pour ce travail en devenir.  

A propos …

BIOGRAPHIE MIRIAMA BONO

Architecte de formation, Miriama peint depuis son enfance. Elle expose pour la première fois en 2006 à Ajaccio, où elle réside alors, ainsi qu’à Tahiti. 

Ses œuvres sont marquées par une recherche autour des motifs polynésiens, mêlés à son intérêt pour l’abstraction et la matière.  Depuis 2013, elle insère également des textes dans sa recherche, liant peinture et écriture, motifs  et graphies.

Miriama est par ailleurs très impliquée dans le domaine culturel en Polynésie. Déléguée générale, puis président de l’association organisatrice du Festival International du Film documentaire Océanien (FIFO), elle a également organisé plusieurs événements culturels regroupant des artistes locaux, et produit depuis 2019 un podcast dédié à la création artistique en Polynésie Française.  Elle est depuis avril 2017 la directrice du Musée de Tahiti et des Îles.

Ses œuvres sont disponibles à la vente via la plateforme RAW TAHITI.

En quelques mots

Au travers de ce site, je souhaite vous faire découvrir mes œuvres, mais également les interviews que j’ai le plaisir de réaliser pour le podcast Tahitian Talk ou mes textes pour le podcast Parau Tama, destiné aux enfants.

Mon objectif est de vous faire partager ces rencontres, ces expériences de vie, ces moments de créations qui nourrissent mon univers créatif.

J’espère également vous faire découvrir la Polynésie d’aujourd’hui, loin des clichés et des mythes

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