Tifaifai

Depuis l’enfance, comme dans beaucoup de famille polynésienne, j’ai été entourée par les Tifaifai. Aujourd’hui encore, c’est un art auquel je suis particulièrement sensible.

J’avais envie de couleurs vibrantes et d’atmosphères légères en sortant du confinement et la thématique des tifaifai est venue naturellement.

L’inspiration générale de cette série est très liée à la nature, avec particulièrement l’utilisation de symboles végétaux ou d’oiseaux, que j’utilisais peu jusqu’à présent.

Série des Tifaifai-  ua avatea roa

Pour ua avatea roa, j’ai utilisé des motifs que j’utilise beaucoup, les siapo, l’œil du Tiki, mais également le végétal et les oiseaux. J’avais également envie d’explorer la vaste gamme des bleus et des verts , avec des nuances qui éblouissent.

Le texte issu du recueil Tahiti aux temps anciens, de Teuira Henry, est issu d’un chant très poétique décrivant les différentes périodes de la journée. ‘Ua avatea roa’ indique le moment ou le ciel est au firmament, soit à midi, lorsqu’il n’y a plus d’ombres et que la lumière étincelle, écrasant presque la nature.

Huile sur toile 40 000xpf

Série des Tifaifai – Upu Fa’aatomu

Cette toile est une déclinaison de la thématique des Tifaifai. Les motifs utilisés sont un hommage à la nature, renforcé par l’utilisation des appliques en contour.  

Le texte issu du recueil Tahiti aux temps anciens, de Teuira Henry, Upu Fa’aatomu  est une invocation aux dieux pour l’équilibre de la vie, en symbiose avec la nature. Un texte qui résonne aujourd’hui avec une étonnante modernité.

Huile sur toile 40 000xpf

Série des Tifaifai – Te mau Mata’i

Cette toile est une déclinaison de la thématique des Tifaifai. J’avais une envie particulière de jaune très vifs et de bleu lumineux. L’huile offre une variation de nuances lumineuses formidable que j’avais envie d’expérimenter, et c’est avant tout la couleur qui m’a guidé.

Le texte issu du recueil Tahiti aux temps anciens, de Teuira Henry est une évocation de la naissance des vents Te mau Mata’i. et de leurs différents noms. Les motifs sont liés à cette évocation des vents qui portent, rafraîchis et fait voyager.

Huile sur toile 40 000xpf

Série des Tifaifai – Te honu iti e

Cette toile est une déclinaison de la thématique des Tifaifai. Je me suis inspirée des relevés de pétroglyphes des îles sous le vent, et notamment des tortues de bora-bora pour les motifs de ce tifaifai. J’avais dans la tête la chanson de Vaiteani ,  Te honu iti e, dans la tête en le peignant, et je les remercie de m’avoir autorisée à utiliser les paroles de la chanson pour l’insérer dans ma composition.

Huile sur toile 40 000xpf- Vendu

Série des Tifaifai  –E hamani rà i te ta’ata

Cette toile est une déclinaison de la thématique des Tifaifai. Elle est née d’une envie de travailler les jaunes et les teintes pourpres, comme une ode de gaieté, à la création, à la vie. L’utilisation des appliques en fougères très lumineuses a guidé la composition de l’ensemble.

Le texte issu du recueil Tahiti aux temps anciens, de Teuira Henry, est celui de la création de l’homme : E hamani rà i te ta’ata .

Huile sur toile 50 000xpf- Vendu

‘āmo’a

Cette série ‘āmo’a, le nom générique des fougères en tahitien, a été réalisée durant le confinement. Sur une impulsion, j’ai utilisé des fougères fraichement cueillies dans la montagne à quelques mètres de chez moi, pour reproduire les techniques de décoration avec appliques des tapa, les étoffes végétales traditionnelles de Polynésie.

Au delà du clin d’œil aux collections que j’ai la chance de côtoyer au Musée de Tahiti, l’utilisation des fougères est aussi un symbole de l’omniprésence du rapport à la nature, essentiel dans la culture polynésienne, et qui m’était d’autant plus essentiel durant le confinement. Un lien que nous avons bien du mal à renouer aujourd’hui .

Aumata

Le terme Aumata évoque l’échange de regards entre 2 personnes, entre 2 « âmes »… Par extension, c’est aussi un enrichissement (humain, intellectuel, culturel) réciproque.

Cette toile a été réalisée durant le confinement. C’est l’une des premières où j’ai utilisée les appliques en fougères pour bâtir le fond.

Le regard au centre appelle l’échange, le questionnement. Le texte issu du recueil Tahiti aux temps anciens, de Teuira Henry, traite de la naissance des dieux.

Cette série est une évocation du rapport essentiel dans l’univers polynésien  entre la nature et le sacré. Une relation particulière à la nature, devenue encore plus essentielles pour moi durant le confinement.

Huile sur carton entoilé 50 000 xpf

Ti’i  Warrior

C’est pour cette première huile que j’ai testé l’utilisation des fougères en applique, en rentrant d’une promenade dans la montagne.

La forme naïve du Ti’i est une petit clin d’œil à certains Ti’i du Musée de Tahiti que j’aime beaucoup, avec des formes rondes et rigolotes, qui rappellent un peu l’univers des mangas. C’est à la fois gardien intrigant mais sympathique, plongé dans un écrin de nature.

Le texte issu du recceuil Tahiti aux temps anciens, de Teuira Henry, traite de la naissance des dieux.

Huile sur carton entoilé 25 000 Xpf

Apetahi

Apetahi signifie regarder de côté ou à la dérobée… mais c’est aussi bien évidemment le nom de la fleur endémique de Raiatea.  J’ai aimé ce ‘double sens’ qui illustre assez bien cette troisième toile, pour laquelle j’ai utilisé cette technique d’applique avec des fougères fraîches.

En hommage au Tiare ‘Apetahi, le texte issu du recueil Tahiti aux temps anciens de Teuira Henry, est un chant de l’île de Raiatea. 

Huile sur toile 50 000 xpf

tāhiri

Prolongeant ces réflexions autour des liens entre la nature et le sacré, cette huile est inspirée par des lectures et échanges durant le confinement autour des manches de tāhiri. Ces pièces remarquables et finement sculptées sont également étonnantes de par leurs représentations anthropomorphes d’une grande modernité qui pourraient avoir étaient crées pour des personnages de fictions futuristes.

Huile sur toile 50 000 xpf- Vendu

E te Tumu nui

Le confinement me porte à mener les projets que j’ai commencés, ou à réaliser ceux  que j’avais toujours reportés. C’est comme une obligation morale d’utiliser ce temps qui nous est  imposée pour en faire quelque chose de positif, et si possible qui aide à envisager le monde différemment.

E te tumu nui- Huile sur toile- Mars 2020- Vendue

Depuis l’enregistrement du Podcast avec Louis Devienne, je me suis mise à la peinture à l’huile. C’est un exercice nouveau, excitant, mais contraignant aussi. Je découvre la lumière de l’huile, mais aussi les temps de séchage, qui m’obligent à la patience, ce qui n’est pas vraiment dans mon tempérament. Si l’apprentissage est difficile, il est aussi gratifiant, et j’ai enfin terminé ma première (toute petite) huile.

Pour cette nouvelle expérience, je change de procédé, mais également de gammes de couleurs. L’huile me donne envie d’explorer les jaunes, les bleus, et la période renforce ce besoin de luminosité. Je ne sais pas  si à terme je poursuivrais avec cette palette ou si je reviendrai vers des couleurs plus neutres, mais pour le moment ce changement m’apporte une respiration salvatrice.

J’avais aussi envie de revenir à l’ajout d’écrits au sein de mes tableaux. C’est une expérience déjà tentée en 2014, et j’y reviens donc. Pour le moment, les textes sont issus de « Tahiti aux temps anciens » de Teuira Henry. Ils correspondent à un autre de mes projets du moment, autour des contes polynésiens. Mais j’espère à terme pouvoir également associer des auteurs polynésiens à cette recherche.

Te ‘uru- Huile sur carton entoilé- avril 2020- Vendue

La période me donne l’envie, ou le besoin, de thèmes liés à la nature et aux notions de racines. J’espère, certainement naïvement, que nous saurons inventer un rapport nouveau à la nature et à notre place au sein d’elle. Un rapport empreint de sagesse ancestrale, d’équilibre, mais avec une approche qui serait contemporaine.

Toutes ces problématiques sont au centre de mes pensées du moment, et ma peinture est empreinte de ces préoccupations, et de ce combat bienveillant que je mène avec l’huile. Un apprentissage somme toute épanouissant.

D’ailleurs, j’apprends aussi, et c’est certainement grâce aux conseils de Louis Devienne, a lâcher prise, et a tout simplement effacer un tableau et le recommencer si je n’en suis pas complétement satisfaite. J’ai ainsi effacé Mata Ninamu, que j’aimais pourtant pour sa composition.

Mata ninamu – Huile désormais effacée 🙂

D’autres toiles sont en préparation. Je sais que le chemin sera encore long, mais j’en apprécie chaque étape… J’avais une exposition prévue fin avril à la Maison de La Culture, mais je ne sais pas si elle pourra être organisée finalement. D’ici là, nous aurons le temps d’inventer d’autres modes d’exposition …

Tarifs des toiles présentées , entre 25 000 xpf et 30 000 xpf .
Me contacter à miriamabono@gmail.com pour plus d’informations .

Taaroa, destin aléatoire

Présentation d’une oeuvre en construction

Ce travail est assez ancien, repris en plusieurs étapes. Il est représentatif de mon processus créatif depuis quelques temps. Un processus assez lent en fait, puisqu’ayant d’autres activités par ailleurs, il peut se passer des mois, voire même des années, avant que je reprenne un dessin ou une peinture laissée en suspens.  Pendant un moment, cela a développé chez moi une certaine frustration… mais au final je me rends compte aujourd’hui que cela fait complétement de mon processus en fragmentation, par couches successives. 

J’avais commencé par l’œil du Tikipensant à l’époque en faire une combinaison de plusieurs symboles lié aux ancêtres. Il me semble que je revenais des Marquises. Je me rappelle aussi que c’était l’une des premières fois que j’utilisais de l’acrylique sur papiers. J’ai laissé cette première étape en suspens, et lorsque je l’ai retrouvé dans mon carton à dessin, j’ai eu envie de repartir sur une piste différente, et d’y ajouter du texte, issu du livre de Teuira Henry. Il comprend donc des extraits liés à Ta’aroa. Je précise qu’à l’époque je ne travaillais pas encore au Musée, car j’aurais probablement choisi un autre texte aujourd’hui. J’ai toujours aimé le chant lié à Ta’aroa, appris lorsque j’étais petite, je pense que c’est ce qui a orienté mon choix.  

On reste cependant globalement dans une symbolique liée à la genèse du monde polynésien, et à la dimension sacrée, ce qui était en rapport avec mon idée de base pour ce travail… Mais, le cheminement personnel effectué depuis, après deux ans sans peintures, va probablement m’amener à changer à nouveau ce dessin. 

C’est d’ailleurs pour cela que je le partage, car son intégrité risque d’être atteinte prochainement. Il sera très probablement découpé et réassemblé dans les jours qui viennent. Avec un succès plus ou moins incertain quant à sa reconversion. 

Le bonheur est fait de bribes éparses, ce n’est pas un flux continu, mais une répartition aléatoire de moments heureux. À nous de les vivre avec abandon en sachant que ce sont des instants de grâce.

Avec le temps, l’incertitude est le deuxième facteur essentiel dans mon processus. Quand je fragmente des papiers pour les recomposer je ne sais jamais vraiment ce que cela donnera par la suite. Il y a dans cette composition un nécessité de lâcher prise, d’acceptation de l’aléatoire qui fait bel et bien parti du processus… et qui au final est assez apaisante.

Affaire à suivre donc pour ce travail en devenir.  

A propos …

BIOGRAPHIE MIRIAMA BONO

Architecte de formation, Miriama peint depuis son enfance. Elle expose pour la première fois en 2006 à Ajaccio, où elle réside alors, ainsi qu’à Tahiti. 

Ses œuvres sont marquées par une recherche autour des motifs polynésiens, mêlés à son intérêt pour l’abstraction et la matière.  Depuis 2013, elle insère également des textes dans sa recherche, liant peinture et écriture, motifs  et graphies.

Miriama est par ailleurs très impliquée dans le domaine culturel en Polynésie. Déléguée générale, puis président de l’association organisatrice du Festival International du Film documentaire Océanien (FIFO), elle a également organisé plusieurs événements culturels regroupant des artistes locaux, et produit depuis 2019 un podcast dédié à la création artistique en Polynésie Française.  Elle est depuis avril 2017 la directrice du Musée de Tahiti et des Îles.

Ses œuvres sont disponibles à la vente via la plateforme RAW TAHITI.

En quelques mots

Au travers de ce site, je souhaite vous faire découvrir mes œuvres, mais également les interviews que j’ai le plaisir de réaliser pour le podcast Tahitian Talk ou mes textes pour le podcast Parau Tama, destiné aux enfants.

Mon objectif est de vous faire partager ces rencontres, ces expériences de vie, ces moments de créations qui nourrissent mon univers créatif.

J’espère également vous faire découvrir la Polynésie d’aujourd’hui, loin des clichés et des mythes

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