TAne , dieu de la beauté

Je vais te raconter l’histoire fabuleuse du Dieu Tane, dieu de la beauté

Tane est le fils d’Atea[1], l’immensité du ciel, mais c’est Ta’aroa lui-même qui l’a façonné. Patiemment, Ta’aroa le créateur l’a modelé avec l’aide d’Atea, lui offrant tous les attributs nécessaires à la perfection, si bien que Tane devint le dieu de la beauté. Il fût le premier dieu à être doté de cheveux, à l’image de l’homme.

Satisfait de sa création, Ta’aroa lui offrit son requin favori, Ire[2], ainsi qu’une petite hirondelle blanche, le Pira’e et un bel oiseau au ventre rouge, Manu-tane’ura. Tous devinrent les messagers de Tane auprès des hommes.

Tane fut également doté de deux magnifiques lances, Vero-nu’u en bois de cocotier, et Vero-ra’ai, en bois dur de aito. [3]

Dans le 10ème ciel où résidait le beau Tane, naquit un nuage, doré, moelleux, doux… Ce nuage grossit, se gonfla, et de sa blanche étendue, naquit le dieu Ro’o, celui qui voyage et qui voit tout depuis le ciel. Il devint l’ami et le messager de Tane[4].

Bien que Tane était célèbre parmi les dieux et les hommes pour sa beauté et sa grandeur,  c’était aussi un dieu impérieux et belliqueux.

Ses querelles avec les autres dieux sont nombreuses et célèbres. Ainsi il se querella avec Te Tumu. Depuis les cieux éternels, les dieux faisaient pleuvoir des sortilèges sur  les hommes.  Te Tumu fit s’abattre des fortes pluies sur la Terre, et Tane pour lui répondre créait des journées ensoleillées. Quant Te Tumu envoyait aux hommes  la famine, Tane  au contraire leur offrait l’abondance … ainsi pendant des jours Te Tumu faisait subir ses enchantements à Tane, et Tane faisait subir les siens à Te Tumu. L’un envoyait les Ténèbres, et l’autre la Lumière.

A force de querelles, les hommes subissaient des orages, des grondements de vagues impétueuses sur les récifs, signes des colères de Te Tumu et de Tane. Les hommes implorèrent Ro’o, le messager nuage, de calmer Tane, et de leur apporter à nouveau l’harmonie nécessaire pour l’équilibre de leur vie.

Aussi, pour rétablir la beauté sur Terre,  malgré son caractère impérieux, Tane  se réconcilia avec Te Tumu, soucieux de répandre à nouveau l’harmonie créée par Ta’aroa.

Et  en signe de paix, il descendit des cieux éternels, précédé par son messager Ro’o , qui entoura les montagnes de nuages, et  Tane déposa à Punaauia le premier Pua, un arbre sacré, qui ensuite proliféra sur l’île[5].

Un autre conflit l’opposa à Atea. Désireux de parcourir le monde, Tane pris sa pirogue sacrée, Fa’atere-apu, accompagné par d’autres dieux, et par sa belle compagne, Aruru. Tane voulait découvrir les confins du monde, mais il était repoussé à chaque bord par Atea.  Car Atea, déesse de l’étendue céleste, en gardait aussi les limites. Tane se dressa dans sa pirogue, ordonnant à Atea de le laisser passer, mais plus il avançait, et plus les limites du monde reculaient. Tane souhaitait faire tomber Atea, mais ses compagnons l’en dissuadèrent … furieux, il continua son voyage, de bord en bord, cherchant à l’est comme à l’ouest le moyen d’arriver au bout du monde.

Il finit par descendre vers la terre, et y fût accueilli par son messager Ro’o , et Ta’ere, le dieu a l’habilité suprême. [6] Ta’ere partagea avec Tane son savoir, et Tane devint le dieu des artisans.

Mais Tane voulait reprendre son voyage, et défier à nouveau Atea . Il parcouru ainsi  l’immensité céleste, et lança sa lance Vero-ra’ai [7] vers Atea, pour percer son dôme… La lance retomba impuissante face à Atea.

Tane au souffle fort, siffla, respira bruyamment, éructa de colère, mais toujours Atea tenait bon, immuable.

Alors Tane s’apaisa, et en signe de paix, il offrit  à Atea les étoiles filantes qui illuminèrent le ciel et demanda à Ro’o le nuage de créer une pluie légère et fertile  pour célébrer  sur terre la paie  retrouvée dans le ciel.  

Ainsi le beau dieu Tane, qui fût créé à l’image des hommes, dieu des artisans, impétueux et passionné, nous apprend aussi qu’il faut savoir calmer sa colère pour rétablir la paix et l’harmonie sur le monde. [8]


[1] Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes Teuira Henry , P 373

[2] Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes Teuira Henry, p379

[3] Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes Teuira Henry, P378

[4] Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes Teuira Henry, p 380

[5] Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes Teuira Henry, p 363

[6]Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes Teuira Henry, p 475

[7Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes Teuira Henry, p 476

[8] Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes Teuira Henry, P 477

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