PARAU TAMA – Ta’aroa

Parau Tama est un podcast de contes et légendes polynésiennes destinés aux enfants. C’est avant tout pour que notre fils puisse découvrir les légendes de son pays que nous avons décidé de créer ce contenu, mais nous sommes heureux de la partager avec d’autres enfants, d’ici ou d’ailleurs.


Pour cette première saison, les textes sont inspirés de Teuira Henry, mais nous serions vraiment heureux de pouvoir collaborer avec des auteurs et conteurs pour pouvoir enrichir le répertoire d’histoire à partager. Les connaisseurs noterons que j’y ai ajouté ma touche personnelle, car il me semble que ce qui conte aussi lorsque l’on raconte une histoire, c’est le message que l’on veut transmettre et le sens qu’on lui attribue.

J’ai choisi de commencer par le mythe de Ta’aroa, bien évidemment parce que c’est celui de la création, mais aussi parce que quand j’étais enfant, j’ai appris comme beaucoup de polynésiens la chanson de Ta’aroa, sans savoir à quoi cette chanson était liée. Ce n’est que bien plus tard que j’ai appris qui était Ta’aroa. J’aime toujours autant cette chanson, je suis heureuse que mes enfants la connaisse, et je souhaite qu’ils saches qui est Ta’aroa.

J’espère sincèrement que ce podcast plaira aux enfants, car j’y ai mis beaucoup de moi-même.

Je vais te raconter l’histoire de Ta’aroa. ..

Ta’aroa, l’unique, est l’origine du monde polynésien, Tahi tumu, il est l’ancêtre de tous les dieux.

Il existait depuis des temps immémoriaux.

Les formes de Ta’aroa étaient innombrables

Il était l’Unique, il était tout mais il était aussi le seul…

Il était puissant mais il n’avait personne ni rien…

Il restait dans sa coquille, plongé dans les ténèbres.

Sa coquille était  comme un œuf qui tournait dans l’espace infini,  sans ciel,  sans terre, sans lune, sans soleil et sans étoile.

Rumia était le nom de sa coquille. Un jour, il la brisa.

Il se tint debout sur sa coquille, et appela en bas, appela en haut, appela dessus…

Seul l’écho puissant de son être,  résonnait. Hors de sa coquille, dans l’infini, il était encore plus puissant, mais aussi encore plus seul.

Lassé d’appeler sans résultat, il retourna dans sa coquille, attendant que quelque chose se passe mais n’entendait que l’écho de sa voix. Après des jours et des nuits infinies de solitudes, Ta’aroa décida de se révéler.

Il déploya son être et ouvrit ses bras, qui révélèrent  des ailes magnifiquement ornées de plumes vibrantes, où le rouge et le jaune dominaient. Il étira sa longue colonne vertébrale et ses muscles puissants. Il secoua sa luxuriante et brillante chevelure et sa beauté se révéla entière.

Il créa une autre coquille pour en faire la roche et la terre qui seraient  la fondation du monde, et utilisa Rumia, sa coquille originelle, pour créer la voûte céleste. La terre et le ciel, issus de son être et de son enveloppe, étaient maintenus par Tumu-ra’i-fenua , la pieuvre sacrée.

Afin de donner au monde sa beauté, Ta’aroa offrit sa colonne vertébrale pour créer les montagnes des îles et des terres.

Avec sa superbe chevelure, il créa une multitude d’arbres, ainsi que les fleurs odorantes et l’herbe douce qui recouvrit la terre.

Avec son malicieux sourire, il créa la lune changeante mais rassurante, qui avec les étoiles, éclaireraient la voûte céleste de multiples étincelles joyeuses.

Avec sa sueur et ses larmes, il créa la pluie qui abreuve, les lacs, les rivières et la mer … L’eau, source de vie, se répandit dans les vallées, ruisselant jusqu’au paisible lagon, avant de s’offrir dans les océans.

Avec son souffle, il créa la houle et les vagues, ondulations aux multiples enchantements.

Et enfin, pour peupler ce monde, il secoua ses plumes et toutes ses couleurs donnèrent vie aux animaux. Des poissons choisir de vivre dans  les océans immenses et profonds, les animaux terrestres profitèrent des espaces verdoyants … quant aux oiseaux, ils eurent le ciel et Ta’aroa leur offrit sa voie, pour qu’ils deviennent ses messagers.

Partout, une joyeuse et harmonieuse mélodie résonna. Là ou il y avait le vide et le silence, Ta’aroa entendit enfin la vie  qui emplissait ce monde si beau qu’il avait créer en lui donnant son corps.

Satisfait, Ta’aroa dans un ultime souffle créa les autres dieux qu’il  tira des ténèbres. Un dieu pour chaque chose créée, pour chaque être, pour chacune de ces beautés… les requins, les oiseaux, les tortues devinrent leurs messagers.  Ainsi Ta’aroa créa l’équilibre de ce monde, créant chaque chose comme faisant partie d’un tout qui était son corps.

C’est au coté du dieu Tu qu’il créa l’homme pour veiller sur la terre, tandis que les dieux resteraient dans le A’o, la lumière céleste.

Ainsi Ta’aroa le créateur mit fin à sa solitude pour être en toute chose.

Si tu prends le temps de contempler les profondes vallées, les puissantes vagues, d’écouter la mélodie du vent dans les feuilles des grands arbres majestueux, ou le chant des oiseaux, alors tu percevras une infime partie de la majesté de Ta’aroa.

Cette terre sublime et multiple est son œuvre, c’est aussi son offrande aux hommes. Elle est la preuve de la beauté du monde. Notre devoir est de la préserver et de  l’aimer.

Cette histoire est inspirée des textes de Teuira Henry, mais tu peux aussi la retrouver déclinée dans de nombreux albums illustrés.

J’espère qu’elle t’a plu, et que je te retrouverai bientôt pour une nouvelle histoire.

Je t’invite à découvrir également les paroles du chant dédié à Ta’aroa.

O te miti nei ra te marae mo’a roa

E te hanahana o teie nei ao

Vahi hāhano vahi ra’a

Fa’atupura’a manava hirahira

E e Ta’aroa e

A tono maina to maramarama

 I ni’a i teie nei moana e

Fa’aora te fenua e hahe

E e Ta’aroa e

A tono maina to maramarama

I ni’a i teie nei moana e

Fa’aora te arii e hahe

Aroha mai

Aroha mai oe ia’u Ta’aroa ehehe

Tei raro a ae te tāpo’i

O to ‘oe manu pererau

Bibliographie :

Henry Teuira, Tahiti aux temps anciens, Publication de la Société des Océanistes, n°1 2000, Chants et légendes, Chants de la Création. 343 -347.

Taaroa Marau, Mémoire de la reine Marau, Publication de la Société des Océanistes, N°27 1971, Le Commencement, 47-54

Dufour Emy-Louis, Histoires et légendes des temps anciens de Tahiti et des îles,  Au vent des Îles, 2012, La création du monde, 11-14

Un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s