#2-Te mau parau

Te mau parau , une expérience mêlant écris et peinture.

Il y a environ deux mois j’ai décidé d’entamer une nouvelle démarche afin de partager mon cheminement créatif différemment, à la recherche d’un média qui me permettrait de présenter mon travail sans forcément devoir être dans un processus d’exposition conventionnelle.  De ce besoin sont nés mon blog et le podcast ‘Tahitian Talk’, et cette idée de ‘ fragments et traces’ à partager autour de ma peinture. J’ai eu plus de mal à finaliser le projet d’écriture qui était pourtant mon objectif de base. C’est toujours un peu plus délicat de parler de soi, sans tomber dans l’égocentrisme total, et si je prends beaucoup de plaisir à interviewer mes invités pour le podcast, il m’a fallu plus d’introspection pour trouver un fil du partage de mon processus créatif.

Sur la vingtaine de tableau dont j’ai choisi de parler, il a fallu d’abord choisir par où commencer… Choix chronologiques ? thématiques ? par matières ? par expositions ?  J’ai finalement décidé de suivre mon inspiration du moment, et de commencer par deux aquarelles réalisées en 2013 pour l’exposition Te Mau Parau, qui était ma première exposition à la galerie Winkler.

Cette exposition s’est construite autour d’un fil conducteur que j’avais envie d’explorer depuis longtemps, le mélange de l’écrit et de la peinture,  de la graphie et de la couleur, l’accord des symboles et des motifs. J’ai commencé par découper et coller des pages d’un livre que j’avais en double (Tahiti aux temps anciens … tout un symbole) et à retravailler les collages à l’aquarelle, médium que j’utilisais en fait assez peu. Assez rapidement, j’ai eu envie de poursuivre les expériences, mais en travaillant avec des textes non plus imprimés mais écrits, et si possible par leurs auteurs.

J’ai eu la chance de convaincre des 4 auteures d’écrire pour moi, sur papier ou sur toiles. Chantal Spitz, Rai Chaze, Ari’irau et Michèle de Chazeaux m’ont ainsi prêté leurs mots. Le rendu a été passionnant pour moi, à la fois très diverse en fonction des graphies de chacune, mais aussi de ce que m’inspirais les textes. Malgré la diversité des expressions, l’ensemble avait une certaine unité. Pour compléter l’expérience, j’ai également sollicité un grapheur et une amie dont l’écriture me plaisait particulièrement.

Ce fût également l’occasion picturale pour moi de travailler différemment. J’avais envie d’une palette ocre, terre de sienne, brune, que m’offrait plus aisément l’aquarelle. Cela m’a aussi conduite à être dans un registre plus dessiné, plus figuratif parfois, à être plus dans la minutie, et moins dans le geste  ou les contrastes. Ces rencontres m’ont poussées à sortir de mes acquis, ce qui était précisément ce dont j’avais besoin à ce moment particulier de mon parcours personnel et artistique.

 Avec le recul, je me rends compte que j’ai eu besoin à chacune de mes expositions de sortir des registres que j’avais exploré auparavant. Consciemment ou pas. Cela explique la grande diversité apparente des œuvres que j’ai récupérées il y a quelques semaines à la galerie Winkler. Mais, comme je l’écrivais alors, je retrouve une unité dans la production globale, notamment au travers des techniques de collage de papiers que j’affectionne dans ma production, ou l’utilisation récurrente de motifs et symboles polynésiens. Mais je dois dire que ce renouvellement fréquent, notamment de ma palette ou des médiums, a souvent décontenancés ceux qui suivaient mon travail. Rester dans les mêmes registres donne un certain confort, pour l’artiste et son public ; en sortir, c’est accepter une mise en danger et une remise en question permanente. C’est aussi s’ouvrir a d’autres possibles, et surtout, c’est éviter la routine, et l’ennui.

J’ai donc beaucoup de gratitude envers les auteures qui ont partagé avec moi cette expérience, et qui ont repoussés mon champ des possibles.  Au final, il ne me reste que deux aquarelles sur la quinzaine d’oeuvres alors produites sur cette thématique. Elles ont une résonnance particulière pour moi. J’espère pouvoir renouveler ce type d’expérience bientôt. J’aime le partage et l’échange, c’est un des leitmotivs de ma vie. J’aime être confrontée à l’expression de l’autre, j’aime questionner mes propres limites.

Je suis d’ailleurs revenu ces derniers temps au travail du papier et de l’aquarelle, sans vraiment de perspectives particulières, mais en écrivant ces lignes, je me rends compte que c’est un champ possible pour renouveler ce mélange d’écrits et de peintures. Ce n’était donc peut-être pas un hasard si mon envie de partage des fragments de ma peinture s’est portée d’abord sur ces deux aquarelles, traces d’un moment essentiel.

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